De la dictée du Bled au bagne de Cayenne : itinéraire d’un faux bagnard
On a tous eu, dans notre enfance, une phrase qui nous colle à la peau.
Moi, c’était celle de ma grand-mère, ancienne institutrice à la poigne de fer, qui me lançait quand je me tortillais sur ma chaise au lieu de faire mes dictées estivales :
👉 « Toi mon petit, si tu continues comme ça, tu finiras casseur de cailloux ! »
À l’époque, je ne comprenais pas bien. Mais plus tard, j’ai saisi : elle me condamnait… au bagne ! 😱
Étape 1 : Nouméa, le bagne tropical
Premier contact avec l’univers carcéral colonial : Nouméa, Nouvelle-Calédonie.
Un décor de carte postale… sauf pour les 21 000 condamnés expédiés ici au XIXᵉ siècle. Communards, petits voleurs, révoltés — tous devenus “colons malgré eux”.
Moi, j’y suis allé en touriste, appareil photo en bandoulière, sans chaînes aux chevilles. Une douce revanche sur la prophétie familiale.
Étape 2 : Sydney, la grande déportation
Ah, l’Australie ! Terre de kangourous, de surf… et de bagnards.
En 1788, la First Fleet débarque près de 780 condamnés. Mais problème : pas assez de femmes.
Solution des autorités ? Rafler dans les bas-fonds londoniens prostituées et filles de mauvaise vie pour repeupler la colonie.
👉 Conclusion imparable : les Australiens, comme les Caldoches, sont tous des fils de putes.
(Je vous laisse savourer la véracité historique ET l’élégance de la formule 😇).
Étape 3 : Cayenne, la menace réalisée
Et puis vint Cayenne.
Là, impossible de blaguer : les murs suintent encore la souffrance.
Cellules minuscules, portes massives, barreaux rouillés… J’y ai pris la pause derrière les grilles, histoire de donner raison à ma grand-mère.
Mais la différence, c’est qu’après la photo, je suis sorti librement, direction un ti’punch, pas les “corvées de cailloux”.